Des fois, on se rend pas compte de la chance qu'on a ...

Publié le par Odile d'Aix

19 janvier 2008

Hier matin, je me suis rendue à la préfecture pour y faire faire ma carte grise de voiture. Ouvrant à 8h15 et étant rodée à ce genre de choses, je me suis pointée à 7h30 devant les portes de façon à ne pas y passer des heures. La préfecture de Marseille (ou du moins l'endroit où l'on fait les cartes grises, qui n'est pas à l'emplacement de la vraie, la belle préfecture) est située du coté de la place Castellane.
Il y a aussi le bureau de renouvellement des cartes de séjour à cet endroit-là.
Et me voilà, à pied de bon matin (je précise que ce jour-là, oh, miracle, il faisait beau !!!) me dirigeant vers le service carte grise.
Et à l'horizon, je vois poindre une file d'attente immense d'au moins 300 personnes ... Prise de panique, je me suis demandée si les ventes de voiture n'avaient pas explosées en ce mois de janvier ! Que de monde de bon matin pour faire son p'tit papier gris !
Mais en m'approchant, je me sui rendue compte que l'énorme file d'attente ne concernait pas les cartes grises mais bien le bureau de renouvellement des cartes de séjour...
Un monde pas possible attendait là-bas l'ouverture, dès 8h15 des bureaux.
Vous ne pouvez même pas vous imaginer le monde ... Pareil qu'à l'entrée des salles d'un gros concert...
Des gens de tout âge et de toute origine patientez là, calmement... Des échanges en langues étrangères ou en Français montaient de ce regroupement...
J'ai eu le temps d'observer cet amas de monde et, j'ai commencé à ressentir une impression de grand malaise... Toutes ces personnes, d'horizons différents étaient là pour un renouvellement de séjour, une naturalisation, un problème administratif particulier ... Bref... tous là pour régler des papiers... parqué, étiquetés "étrangers sur le sol français", et obligé d'attendre, pour certains plus de 2h avant l'ouverture des portes ... A un moment, un grondement de la foule a fusé ... un petit jeune, tout prés de la porte d'entrée à montré en fanfaronnant sa carte d'identité française. Que faisait-il là ? je ne sais pas... La réaction d'une partie de la foule a été immédiate : pourquoi nargait-il tout ces gens, qui eux, n'en avait pas ? Plusieurs personnes l'on appostrophé pour le lui demander. Les explications du jeune n'ont pas été trés claires... Toujours est-il que certains lui on demandé de partir et de d'arrêter de narguer tout ces gens, fatigués d'attendre pour des papiers qu'ils auront difficilementou jamais...
Je ne juge pas le jeune, il avait peut-etre une bonne raison de faire ça (quoique...Confus)
Cependant, je me suis sentie totalement privilégiée vis à vis de tout ces gens...
Moi, je n'ai jamais eu de soucis de papier, je ne me suis jamais senti"catégorisée" comme n'appartenant pas à mon pays. Je me lève tous les matins et mes problèmes sont uniquement personnels... rien de grave, pas de soucis administratifs importants... ce matin là, je me suis pris tout ça dans la gueule...
Je fais parti de cette majorité qui ne se pose jamais de question sur la possibilité d'être citoyen du pays. J'y travaille, j'y dépense mes sous, j'y vis, et je me déplace sans souci, j'y fais des crédit en moins de 2-2, je vends, j'achète, j'ai ma carte bancaire, mon passeport .... Et tout cela me parait naturel et inné... Sauf qu'hier matin, j'ai réalisé que c'était loin d'être le cas pour tout le monde...
Et je me suis sentie trés mal à l'aise... Mal à l'aise déjà de constater que peut-être, certains, je les ai déjà croisé dans la rue, et jamais je ne me suis dit : "pauvre Monsieur, peut-etre qu'il n'en dort pas la nuit"
Tous les gens que je croise sont automatiquement classés, dans ma petite tête de blonde, comme faisant éternellement parti du paysage... Sauf que certains de mes semblables doivent y perdre leur santé à se battre pour régulariser une situation... Et que leur quotidien doit être constamment martellé par cette catégorisation administrative du "tu fais partie de chez nous"
 
Bref, je ne verrais plus les choses de la même façon, maintenant. Et quand l'on parle d'intégration, nous ferions mieux de commencer, nous, les Français, par éviter que 300 personnes étrangères ne se retrouvent parquées sur un trottoir, en attendant ces papiers tant rêvés ... Un peu de respect, merde !!!!!
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